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Départ vers 7h15 pour Fortuna via San Carlos alias Quesada. Il
fait beau à l'arrivée mais le sommet de l'Arenal est couvert... J'espère
que ça ne durera pas et que j'aurai la chance d'observer une éruption. J'hésite
entre un hôtel cher au pied du volcan, aux premières loges si le temps se dégage,
et un hôtel bon marché à Fortuna, parfait pour attendre une éclaircie
.
J'opte finalement pour Fortuna et m'inscris à une excursion où l'on peut
revenir à l'oeil le second jour si l'on n'a pas vu de lave la première fois.
A 30$ c'est cher mais ça comprends 2h de marche dans la jungle, 2h au pied du
volcan, une visite à une ferme de crocodiles et une baignade dans les sources
d'eaux chaudes. Correct surtout que les autres tours, un peu moins fournis,
sont autour de 20$.
En attendant le départ, je batifole sur le parc
central en me régalant de la vue sur le volcan. Après une demie heure de route
en 4x4, la balade dans la jungle est très sympa. Les singes hurleurs, malgré
leurs efforts, ne peuvent rivaliser avec les grondements du volcan que l'on
entend fort bien. Les fourmis quant à elles, sont imperturbables sur les mini-autoroutes
qu'elles tracent au milieu de la jungle en transportant des tonnes de feuilles
pré-découpées. A la sortie de la forêt, le volcan toujours ennuagé nous domine
de toute sa taille, on se croirait revenu à la préhistoire avec ce paysage primitif
où l'on serait à peine étonné de voir surgir un diplodocus.
La ferme de crocodiles, en fait un hôtel qui en élève une dizaine, est surtout
impressionnante lorsque le propriétaire les nourrit à la main et que le plus
gros spécimen saute comme un gros chien pour attraper sa pitance
.
En dehors de cet épisode, les reptiles restent placides dans leur minuscule
enclos, même plus intéressés par les poissons qui les environnent...
Nous attendons la fin du jour à un observatoire semi-public au pied du volcan. Les nuages couvrent toujours le dernier tiers du cône. Précédées d'explosions sourdes, des roches enflammées surgissent de la brume du sommet pour dévaler quelques mètres de pente, c'est tout ce à quoi nous aurons droit, déjà pas si mal.
Nous finissons la soirée dans des sources d'eau chaude emprisonnées dans un complexe touristique avec bar et restaurant. Un peu artificiel mais très agréable.
Retour
à l'hôtel, en même temps assez content et un peu déçu. Pas pour longtemps car
durant la nuit le temps se lève tout à fait et l'Arenal n'arrête pas
de déglutir des flots de lave soudainement ponctués d'explosions qui projettent
des roches en fusion dans le ciel. Depuis le balcon où je me trouve avec les
cinq autres locataires de l'hôtel, écossais, irlandais, israélien et suisse,
la discussion se poursuivra tard dans la nuit devant cet extraordinaire spectacle.
Nous avons d'autant plus de chance que cela fait plus de quatre jours que le
sommet est couvert. Je me souviens des deux jours perdus à attendre à San
Jose qui me permettent finalement d'être là au bon moment...
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