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Au réveil l'Arenal est toujours dégagé et continue son activité. A
ses côtés, le Sliping Indian continue de dormir paisiblement
.
De jour, les rougeoiements de lave sont invisibles, on ne voit que des fumées
dévaler les pentes. Le sommet se couvre petit à petit et je décide de partir
aujourd'hui pour ma prochaine destination.
Après un changement à San Carlos, j'ai l'impression que le bus n'en finira pas de rouler. Jusqu'à Muelle il est chargé comme jamais, pourtant j'en ai étrenné quelques uns. Vers la fin du parcours, Noé me demande d'où je viens. Il a 14 ans et trouve difficile de devoir travailler à la récolte des fruits en même temps que d'étudier. Il aimerait être instituteur plus tard. La traditionnelle question sur le prix de mon billet d'avion se poursuit par celle, plus inhabituelle, du montant de mon salaire. Même en lui expliquant qu'un tiers passe en loyer, la somme le fait rêver. Nous traversons des hectares et des hectares de plantations de la TicoFrut où il travaille. Il y a des fruits de toutes sortes toute l'année ici, sauf du raisin. Il m'achète une part de pastèque et m'offre généreusement des gâteaux locaux au drôle de goût. Il me dit que faire du tourisme au Costa Rica c'est très bien mais qu'y vivre l'est beaucoup moins. Je ne peux qu'approuver tristement. Il ne comprend pas trop ce que je suis venu faire dans ce trou de bandidos qu'est Los Chiles selon lui. Je lui explique que c'est pour la nature, il comprend mieux. Nous nous quittons sur une poignée de mains ferme et définitive. L'arche de Noé est un peu triste.
Los Chiles est effectivement un village étrange comme arrêté on ne sait où. Le soleil semble figé dans le ciel. Une brume bizarre s'épand sur les maisons en ce début d'après-midi. Je suis le seul touriste. A la descente du bus, un homme à triporteur m'entreprend d'une discussion alambiquée d'où il ressort qu'étant enfant, il voyait passer des files d'indios portant des tortues sur leur dos pour les manger d'une façon répugnante à ses dires. Il continue par un salmigondis indescriptible où ceux qui seront sauvés par le Christ portent une marque invisible sur le front. J'ai beaucoup de peine à l'arrêter tant il est pris par son monologue. Il finira par m'emmener gratuitement sur son véhicule à l'hôtel que j'ai choisi.
Il semble qu'il n'y ait aucune excursion organisée d'ici pour Cano Negro le lendemain. La plupart viennent de San Jose. On me conseille d'aller à l'embarcadère le matin pour me joindre à un groupe avec un peu de chance ou de payer 50$ si vraiment je veux quelque chose pour moi tout seul !...
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A l'embarcadère, un batelier me propose une balade de 2h30 pour 30$. J'attends plutôt un groupe qui devrait partir vers 10h. Des barques pleines de Nicaraguayens partent pour traverser la frontière. Leur main d'oeuvre est exploitée sans vergogne dans la région et beaucoup d'entre eux traversent clandestinement.
Le guide du premier groupe qui arrive ne veut
pas de moi. J'aurai plus de chance avec le suivant au prix très intéressant
de 25$, déjeuner compris ! Les canaux ressemblent à ceux de Tortuguero
en moins majestueux mais à la faune plus riche. Singes hurleurs ou capucins,
martin pêcheurs rouges ou bleus
,
échassiers
,
aigles, caïmans
,
toucans, iguanes, grands ducs et de nombreuses tortues glisseuses
.
Le plus étonnant est un lézard que l'on dirait peint à la main et d'un mimétisme
parfait. Nous aurons aussi la chance de voir des chauves souris endormies dont
un vampire accroché sous une palme, le spectacle est permanent. ![]()
A peine de retour, je cherche un bus pour Santa Elena où j'aimerais être ce soir. Un peu optimiste, en fait j'arriverai à San Jose via Quesada à 20h avec les bouchons du dimanche soir. Plutôt que de repartir demain, je me prendrai un jour à San Jose. Je n'ai plus de liquide et vu les horaires des banques, je ne pourrai prendre le bus de 5h45, évidemment.
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