|
|
|
Aujourd'hui c'est jour de marché à Chichi alias Chichicastenango. Voyage sans histoire via Los Encuentros, le bus, contrairement à ce que je pensais, n'est même pas plein.
En terme de marchés guatémaltèques, celui de Chichi
surpasse tous les autres. Oh, bien sûr, les touristes et les marchands de souvenirs
ne manquent pas, mais les acheteurs autochtones sont légion et le lieu
draine des centaines de marchands venus de toute la région. L'activité est intense
et les rues du marché sont bondées. On peut trouver de tout ici. Fruits, légumes,
casseroles, machettes, ustensiles en plastique, huipiles et tzutes
brodées, pantalons, tissus de toutes sortes, masques en bois, objets de jade,
pierres sculptées, volailles, animaux de basse-cour, poteries, articles en cuir...
Ca, c'est la partie la plus visible
.
En cherchant un peu vous dénicherez aussi des médailles protectrices, des
oiseaux divinateurs, de la poudre de pierre et des herbes curatives, des statuettes
de confréries (cofradia) mystiques en bois déjà rencontrées à Nahuala
ainsi que de petites poupées porte-bonheur vendues par des gamins.
C'est ce dernier aspect qui fait de Chichi un endroit si singulier
et fascinant. Car c'est un lieu où se manifeste clairement le mysticisme guatémaltèque,
étonnant mélange de catholicisme et de traditions ancestrales. Le point d'orgue
en est l'église Santo Tomas dont la construction remonte à 1540 sur un
ancien site maya. Sur son parvis officient des chuchkajaus, mi-prêtres,
mi-sorciers, ils sont les intermédiaires entre les hommes et les esprits. Partant
du bas des marches de l'église où les gens leur confient leurs voeux, ils montent
lentement l'escalier principal qui leur est réservé en balançant des boîtes
de conserve pendues à une ficelle où de l'encens brûle en permanence. La
montée s'accompagne d'un flot ininterrompu de prières incantatoires
mayas pendant qu'en bas des marches, un feu est entretenu à grand coup d'alcool
et de résine de copal qui plonge le parvis dans d'épaisses volutes de fumée
au parfum puissant
.
A l'intérieur de l'église, l'ambiance, bien que plus calme, n'en est pas moins le prolongement des manifestations extérieures. Les fidèles se recueillent sur les bancs ou sont à genoux par terre devant des dalles en fer où ils posent des cierges allumés accompagnés de pétales de fleurs en proférant des prières à haute voix. D'autres déposent des offrandes sur l'un des autels bordant l'église, chacun étant dédié à une cause particulière. Ici la récolte de maïs, là celle de haricots, un autre pour les femmes enceintes...
Après avoir déambulé quelques heures dans les rues, je décide de rentrer à Pana pour l'ascension du San Pedro. En partant ce matin, le temps était enfin dégagé et les sommets clairement visibles, c'est le jour ou jamais, même si je serais bien resté plus longtemps dans ces lieux étonnants.
Le trajet de retour depuis Solola offre une plongée magnifique
sur le lac que les cônes des volcans inactifs dominent de toute leur hauteur
.
Je prends un guide à San Pedro pour une ascension bien pentue au milieu
des caféiers sous un soleil de plomb. Nous n'irons pas jusqu'au sommet pour
que je puisse être de retour au village juste à temps pour la dernière lancha
de 17h. Le sentier poussiéreux serpente en zigzag abruptes en découvrant
petit à petit une vue splendide. Le lac clair et bleu est enserré de montagnes
où de gros nuages blancs s'effilochent en masses bosselées poussées par le vent
.
Instants de ravissements silencieux. Pas de doute, par temps clair, c'est un
des plus beaux lacs du monde.
Visitez mon nouveau site de photos !!
|
|
|