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La lancha qui devait partir de l'embarcadère (à droite sous le pont) à 9h à ce qu'on m'a dit hier, partira avec trois quarts d'heure de retard avec uniquement des touristes à son bord. En fait, le batelier attend l'arrivée des bus et de leurs touristes ainsi que la moisson des rabatteurs pour rentabiliser au mieux le passage.
L'aller dure 2h30 sur de jolies portions de lac ou de petits canaux
sinueux, le tout bordé de quelques falaises à pic et de
verdure touffue qui tombe directement dans l'eau. Détour obligé près d'une source
d'eau chaude et sulfureuse qui émerge au bord du lac : à certains endroits on
y ferait cuire un oeuf sans problème !
Passage dans de petits canaux couverts de nénuphars et arrêt près d'une minuscule
île où nichent des dizaines de grues blanches. Balade agréable sous un beau
soleil vraiment bienvenu parce que le batelier n'arrête pas de prendre
les vagues de travers : nos sacs et le premier rang dont je suis sont trempés
à l'arrivée...
Une horde de rabatteurs pour les hôtels nous attend sur le ponton, c'est de bonne guerre même si un peu ennuyeux parfois. Le Tucan Dugu avec ses chambres confortables et sa vue sur l'océan est impeccable mais beaucoup trop cher même après un marchandage à 65$ ! Je me rabats sur le Dona Alida, plus simple, moins cher mais avec vue sur l'océan aussi, ce que je cherchais. La patronne est une espèce de Cesaria Evora maussade à l'accueil chaleureux et qui cache un caractère bien trempé. J'hérite d'une chambre triple donnant sur la rue en attendant qu'une avec vue se libère.
Le village est assez coloré, au propre, avec ses maisons aux couleurs vives,
comme au figuré puisqu'il est peuplé de trois ethnies différentes. Les métis
d'origine espagnole qui tiennent la plupart des commerces.
Les garifunas noirs, lointains descendants d'esclaves de tristes mémoires
que l'on retrouve dans toutes les Caraïbes et en général beaucoup moins bien
lotis que les métis. Les derniers, nettement minoritaires et plus discrets,
aux traits indigènes (ils préfèrent cette appellation à celle d'indiens) sont
vraisemblablement d'origine Kekchi. L'ambiance rasta sur fond de reggae est
plutôt bon enfant et amicale et on se sent presque plus aux Caraïbes qu'au Guatemala.
Pas mal de babas cools occidentaux baguenaudent dans les rues, visiblement accoutumés
aux herbas naturales qui ne semblent pas trop difficile à trouver dans
le coin...
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Je m'inscris à une excursion aux fameuses cascades, les Siete Altares,
proposée par le restaurant Bahia Azul (plutôt sympa et bonne cuisine).
Départ à 9h en commençant par le cimetière du village aux tombes colorées et
abondamment décorées. Un arbre gigantesque et magnifique trône au milieu, ombrageant
les sépultures presque affectueusement. Une route, que les villageois empruntent
quotidiennement, le traverse en plein milieu. Un lieu étonnant
.
A la sortie du village les maisons en durs laissent la place à des logis beaucoup
plus pauvres faits de torchis où les gens font la cuisine dehors
.
Il fait chaud et lourd et ça ne fait qu'empirer mais il n'y a pas un seul moustique,
la saison sèche a du bon ! Aux champs succède la jungle où nos plantes d'appartement
font ici quelques ... mètres de haut. Petit détour en pirogue sur un bras du
Rio Dulce qui se jette dans la mer puis marche jusqu'aux cascades
qui ont disparues par manque d'eau : elles doivent effectivement être fameuses
à la bonne saison... Au retour, déjeuner dans un hôtel-restaurant paumé sur
la côte et baignade sur un bord de plage (c'est un grand mot car il n'y
a pratiquement pas de sable, les cocotiers tombent littéralement dans l'eau)
.
L'eau de l'océan est si chaude que c'est à peine si elle rafraîchit, incroyable.
Un coco loco pour finir la journée attablé à une terrasse de l'incontournable rue principale, bon endroit pour observer la vie locale. Un cocktail local à base de lait de coco et de rhum qui est servi dans une noix de coco, je ne raffole pas. Je change de chambre pour celle avec vue, le spectacle des vagues depuis le hamac qui est devant la chambre est un vrai bonheur.
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Je squatte une lancha pour Rio Dulce qui me laisse en chemin au biotope Chacon
Machaca non sans avoir arrangé le retour avec le batelier
.
C'est sensé être une réserve de 7600 hectares où se trouveraient des lamantins.
Ces gros mammifères inoffensifs en voie de disparition m'émeuvent, j'aimerais
tellement en voir un. En fait il n'y a qu'un minuscule musée et un parcours
fléché dans la jungle qui dure ... un gros quart d'heure ... sans se presser.
Il y a sans doute une faune intéressante mais, même en faisant le parcours en
3/4 d'heure dans le plus grand silence, j'ai entendu beaucoup d'animaux mais
n'ai vu qu'un lézard. En campant sur place, ce qui est possible sur un emplacement
dédié, pour être là au petit matin, peut-être y a-t-il une chance d'apercevoir
quelques vies animales. Quant aux lamantins, il faut sans doute se perdre des
heures dans les canaux avant d'espérer en voir un seul. Mieux vaut sans doute
les laisser tranquilles pour avoir une chance qu'ils ne disparaissent pas totalement.
Dernier soir à Livingston. Demain je compte aller à Quirigua, un site maya moins connu que Tikal mais apparemment plus sauvage et tout aussi intéressant.
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