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Réveil à 4h30 pour attraper le premier bus pour Rio Dulce qui part de Santa Elena. Ces réveils aux aurores ne me gênent pas trop, une fois qu'on en prend l'habitude c'est la meilleure façon de profiter au maximum de la journée. Du reste, ici, l'activité commence plus tôt que chez nous.
C'est mon premier bus local et j'adore cette ambiance. Les gens y papotent facilement : deux inconnus assis l'un à côté de l'autre savent au bout de cinq minutes, combien d'enfants a son voisin, s'il est marié et l'état de santé de ses parents... Les guatémaltèques aiment visiblement communiquer en toute simplicité. Réjouissant.
Le bus s'arrête au petit bonheur sur un signe d'un passager ou de quelqu'un qui veut monter. S'arrêter c'est beaucoup dire, à peine un ralentissement pour sauter dans l'engin. On voit donc des paysans descendre devant leur champs avec outils et sac de grain, des écoliers pris au pied de leur maison s'arrêter devant leur école et des vieillards avec cabat de poules pépiantes faire des trajets de 500m. Tout le monde mange tout le temps (poulet rôti à 7h du matin, il faut une certaine habitude...), malheureusement, sitôt finie la collation, les déchets sont balancés par les fenêtres sans états d'âme... Du reste le chauffeur s'arrête assez souvent pour casser une petite croûte et, dès qu'il a fini, tout le monde remonte dare dare pour le départ. Le bus est bondé et les passagers souvent debout. On est assez étonné du nombre de passagers qui peuvent tenir dans ces anciens bus d'école américains brillamment recyclés. Le contrôleur jouent des coudes pour ramasser le montant du trajet, qui n'est jamais payé à la montée mais au cours du trajet. Il n'arrête pas de sillonner le couloir central et de monter les gros paquets sur le toit, souvent sans même que le bus attende qu'il redescende. Chaque chauffeur a ses amulettes accrochées autour du pare-brise, la plupart du temps sous la forme de maxime biblique comme "Dieu bénit ce bus et ses passagers". Vu l'état de certaines routes et la vitesse de certains bus ça ne peut pas faire de mal... Je me souviens d'une course hallucinante entre deux chauffeurs sur une petite route sans visibilité et encombrée de camions, mémorable. Heureusement, tous ne conduisent pas comme ça.
Arrivé en un peu plus de 3h à Rio Dulce après une fin de route un peu cahoteuse. Agréablement surpris parce que je m'attendais à plus de 7h de voyage, on n'a pourtant pas foncé, tant mieux. Je prends un hôtel pas cher et pas terrible dont la patronne est plutôt acariâtre pour couronner le tout. Un garçon m'accoste pour me proposer une balade sur le lac à 150Q. Je baisse à 75 pour une heure. Juste avant le départ il remonte à 100 pour le château de San Felipe. Bon, soit, mais avec un tour des lieux intéressants en plus, ok. En fait ce sera 20 minutes de barque pratiquement directement jusqu'au château. Dans mon espagnol minable, je lui fait comprendre que c'est du vol avant de descendre, il ne répond rien trop content d'avoir empocher l'argent avant le départ... Pour moins que ce prix, j'irai jusqu'à Livingston en plus de 2h de traversée...
Même si le château date du 18ème et que l'on peut se baigner autour d'un
joli parc, l'endroit n'a pas grand intérêt. Je rentre à pied à Rio Dulce
sur une longue route inintéressante et plombée de soleil, ça me passe un peu
les nerfs. Le grand pont qui sépare le village en deux est
impressionnant, les plaques de béton qui le composent vibrent à chaque passage
de camion... Dîner au Bruno's avec une jolie vue sur le lac Izabal
sous le soleil tombant, portion bonne et copieuse. Vu la proximité des stands
forains avec l'hôtel je me félicite d'avoir pris des bouchons d'oreilles avec
moi... Décidément, Rio Dulce ne me réussit guère et j'aurais mieux fait
d'embrayer sans délai sur Livingston.
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