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Vendredi 5 Août |
Nous partons pour le lac Bogoria et la piste est interminable. Elle commence par traverser le pays Pokot. C'est une ethnie à la réputation belliqueuse chez les samburus qui redoutent leur razzias. Du reste, notre guide nous demande de ne prendre aucune photos pour éviter tout ennui dans le village où nous nous arrêtons . Nous faisons un tour dans le petit marché local. Il n'y pas grand chose si ce n'est des habits, des sandales en pneu que tout le monde porte et des antibiotiques contre le paludisme. Les femmes ici arborent de larges colliers de cuir. Au café du coin nous croisons deux anglophones en ... vélo. Ils commencent un périple d'un an à la force du jarret et sous un soleil de plomb. Chapeau bas à ces deux originaux qui ont déjà la peau cuivrée par le soleil. Nous repartons sur la piste pour croiser des moranes dont certains sont grimés de blanc de façon impressionnante. Nous quittons les pokots et la route redevient bitumée peu avant le lac Bogoria.
Quand nous arrivons à l'entrée de la réserve, il est déjà très tard. Le toit
du mini-bus est ouvert et nous roulons vite dans le vent en nous tenant
debout. Le jour commence à tomber. Sensation de voler avec les flamants
roses qui planent au ras des flots
.
Vision de geyser sortis de terre comme propulsés hors d'un ventre chaud. Nous
croisons un magnifique koudou mâle avec des femelles et des petits.
Il s'arrête pour se retourner sur nous
.
Un instant hors du temps. Et disparaît avec sa troupe dans les fourrés.
La nuit est tombée très vite, comme toujours sous ces latitudes, et nous arrivons dans le noir à notre camp. Un guide blanc débarque peu après à bord d'un énorme 4x4 et prend à partie nos chauffeurs et guide. Il prétend avoir loué l'ensemble du camp et nous intime de quitter les lieux pour un autre emplacement à quelques kilomètres de là. En fait, il nous baratine. Renseignements pris, il avait réservé l'autre camp, celui-ci est public et ne peut être réservé. Seulement, il transporte ses clients dans un énorme camion qui contient leurs tentes et douches individuelles ainsi qu'un générateur, il faut ce qu'il faut! Avec un tel équipement, impossible de camper à l'emplacement qu'il a réservé, trop petit et d'accès trop difficile. Solution ? Squatter un endroit public et poster ses aides de camps pour en interdire l'accès comme il l'a fait à notre arrivée... Belle mentalité... Notre guide tient bon et nous ne bougerons évidemment pas.
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Samedi 6 Août |
Nous nous baladons autour du lac sous la protection d'un ranger armé. Il
n'y a pas grand danger ici sauf si l'on tombe par malchance sur un buffle, animal
qui n'hésite pas à protéger son territoire. Il y a des centaines de flamants
roses et de flamants nains
qui ne se laissent guère approcher sauf à être discret en se dissimulant à couvert
.
Le spectacle est de toute beauté
lorsqu'ils s'envolent à l'unisson.
Ils
courent littéralement sur l'eau pour s'élancer avant que l'air ne les porte
.
Les eaux du lac sont alcalines et d'un étonnant vert foncé où se reflète le
bleu du ciel qui contraste avec le rose des flamants.
Après déjeuner, quartier libre pour quelques heures. Je part me balader à une centaine de mètres. Nous sommes vraiment au milieu de la nature sauvage. Il y a de bruyants babouins pas très loin, au milieu d'un terrain dégagé bordé par deux bosquets. Je m'approche discrètement mais ils me voient venir de loin et regagnent le couvert des arbres. J'aperçois une femelle koudou et son petit, ils m'ont vu également et disparaissent. Je suis un chemin bordé de petits arbres qui débouche ensuite sur une étendue dégagée. Il y a un fossé rempli d'eau un peu plus loin, la koudou de tout à l'heure est là. Elle me fixe de l'autre côté du fossé, immobile, les oreilles dressées. Je reste immobile également dans ce face à face et puis je lui dis au revoir avec un geste de la main et reviens vers le camp. Sur le retour, au détour du chemin, un éclair noir traverse le sentier, c'est une mangouste qui file vers son terrier...
L'après-midi nous partons en direction des geysers au sud du lac. Des zèbres
et des impalas fuient au fur et à mesure de notre approche. Le paysage est un
peu irréel avec ces nuages de vapeur d'eau qui s'échappent du sol en taches
blanches sur l'herbe verte
.
Nous continuons notre avance alors que le temps se couvre et que l'on peut voir
la pluie tomber de nuages noirs sur l'autre rive. Viendra de ce côté, viendra
pas ?
La réponse ne tarde pas. Un vent soutenu se lève et soulève la poussière rouge
du sol en nuages cinglants. En quelques minutes, de fortes bourrasques
nous balaient et nous enveloppent de poussière. On n'y voit pas à cinq mètres
et l'on se croirait dans une fin du monde pendant quelques instants. La pluie
vient peu après éclaircir l'atmosphère. Ces éléments qui se déchaînent me ravissent.
Nous atteignons des geysers dont certains s'élèvent à un bon mètre pratiquement
en continu. La vapeur d'eau chaude qui s'en échappe est presque saisissante
après la fraîcheur de la pluie qui a bien diminué
.
Un arc-en-ciel se découpe à un bout du lac alors que nous rentrons en mini-bus.
Nouveau moment magique que nous prolongeons par une baignade dans une source
d'eau chaude qui se jette dans le lac. Presque trop chaude, il faut y entré
vraiment doucement pour s'y habituer. Il n'y a guère plus de 30 cm d'eau mais
c'est un vrai régal devant cette nature grandiose. Ceux qui ont pris le bain
rentre à pied alors que le soleil se couche. La sensation de l'air frais sur
la peau après la chaleur de l'eau est un vrai régal.
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