Plaine de Loita J'aime beaucoup !!  Les masais sur leurs terresJ'aime beaucoup !!  Les masais sur leurs terres

 


 Mardi 9 Août

Nous repartons en mini-bus en repassant devant d'immenses étendues cultivées couvertes de serres. La route, bonne au début, se dégrade en une piste interminable complètement défoncée et pleine de poussière. Arrêt à un magasin de curiosités où le kitsch touristique cotoie des objets plus anciens, essentiellement des masques. Beaucoup d'objets en bois sont faits sur place, normalement dans le respect de la protection des espèces et avec des permis délivrés par le gouvernement. Les négociations sont de rigueur et il n'est pas rare d'obtenir le tiers du prix de départ.

Route encore puis arrêt déjeuner à Narok, dernière petite ville avant Masai Mara. Exceptionnellement nous mangeons dans un restaurant. Le meilleur de la ville aux dires de notre guide. Au vu des toilettes on a peine à imaginer l'état des autres... En tous cas, la population locale y vient et l'établissement est plein. La carte affiche quatre ou cinq plats traditionnels avec variante de boeuf, de mouton ou de poulet. Il y a des chapatis, sorte de crêpes épaisses, de l'ugali, une pâte de maïs sans grande saveur, présentée en bloc et à manger avec les doigts, et du keineiji qui désigne le plat local et varie selon la région. Ici c'est du mokimo, un mélange détonant de purée, de maïs et de haricots rouges qui vous leste pour un bon bout de temps. La vidéo d'un documentaire sur des gloutons passe en boucle pendant que nous mangeons. Nous ressortons, l'estomac un peu lourd, pour des emplettes de tissus masais dans un magasin où se sert la population locale. Dans la rue, des hommes en costume deux pièces, canne masai à la main, croisent des femmes en habits traditionnels. Curieux mélange.

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Mini-bus, encore, pour finalement arriver sur les plaines de Loita, territoire masai bordant le fameux Masai Mara. Vastes étendues assez désertiques où ne pousse pas grand chose hors saison des pluies. Nous installons nos tentes près d'une étendue d'eau et nous endormons sous la garde de deux masais qui veilleront autour du feu durant la nuit.

 


 Mercredi 10 Août

Il fait presque froid ce matin avec le ciel nuageux. Un lion s'est fait entendre au loin cette nuit mais j'ai dormi comme une souche. Il ne doit plus en resté beaucoup par ici car ils suivent les gnous qui ont commencé leur migration à l'ouest. Balade sur la plaine avec nos deux masais. Je m'essaye à leur arc qui est d'une tension redoutable. La tête des flèches est assez petite mais ils l'enduisent de poison qu'ils extraient de l'écorce d'un arbre. Ne leur restent plus qu'à suivre l'animal qu'ils auront touché et attendre que le poison fasse son effet. Nos guides mangent volontiers de la gazelle et adorent la girafe, la plus savoureuse des viandes selon eux. Nous marchons sur une terre aride qui ne laisse pousser qu'une herbe rase et quelques petits arbres ramassés sur eux-mêmes. La vie se découvre au ras du sol ici. Nombreux trous d'araignées encore embués de rosée. Crânes de buffles ou de gnous, blanchis par le vent et le soleil, fantômes de la saison des pluies quand l'herbe était verte. Souvenir de porc-épic dont il ne reste que les redoutables épines dures comme de la corne. Crottes de hyènes blanches ou noires selon le diner de la veille fait de carcasses ou d'animaux sur pieds. Déjections de chèvres et de moutons qui paissent au loin sous la garde d'enfants ou d'adultes drapés de rouge. Mythique figure du Masai planté sur la lande.

L'après-midi nous visitons le village de l'un de nos gardiens. Il compte 42 âmes dont la moitié au moins d'enfants. Une dizaine de cases en cercle, schéma presque classique maintenant, au milieu desquelles se trouve différents enclos pour chaque type de bétail. Les cases sont en terre mais bâties selon un modèle différent de celui des samburus. Il y a une pièce centrale, où se fait la cuisine sur un petit foyer à même le sol, que jouxte deux alcoves. L'une pour l'homme, l'autre pour la femme et leurs enfants. Dans une pièce séparée, un espace pour les tous jeunes animaux, mis à part pour leur protection. Ici aussi ce sont les femmes qui construisent le logement, les hommes s'occupant du bétail. Du reste, il n'y a que des femmes et des enfants au moment de notre passage. Nous saluons ces dernières par un "Soba" en leur serrant la main, ce qui veut dire bonjour en masai. Les enfants, eux, s'approchent de nous en courbant la tête. Ils attendent que nous apposions la main sur celle-ci pour les saluer. L'attitude et leur timidité à quelque chose d'émouvantPetit timide. Les règles de l'hospitalité ici sont assez poussées car un inconnu peut se présenter à toute heure et recevoir gîte et couvert aussi longtemps qu'il le souhaite. Le mari cédera sa couche à l'étranger et ira dormir chez une autre de ces femmes.

Je fais des heureux avec mes polaroidesL'instant qui dure. Certaines femmes vont même se changer pour se faire plus belles. La visite se termine comme d'habitude par l'exposition de leurs productions: colliers, bracelets et un magnifique oeuf d'autruche décoré de perles. Nous les quittons sur de grands sourires.

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