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Las Lajas est un village assez paumé, il se trouve que la plage où je vais est à ... 15 kilomètres et le bus ne va pas plus loin ! Taxi donc pour arriver à des cabinas en bois en bord de plage. Isolées au milieu de nulle part, il n'y a pas d'électricité et les douches sont communes... Ca convient apparemment bien aux quelques surfeurs américains qui sont là mais je m'attendais à une espèce de complexe touristique en bord d'océan, pas à ça. La nuit tombe, trop tard pour aller ailleurs.
Je vais dîner au seul restaurant du coin, à un
bon quart d'heure de marche par la plage. Il fait nuit noire, même pas
de lune. Il y a de la lumière mais le patron tarde à émerger. Je commande et
il me fait comprendre que ça prendra un peu de temps. Ben, vous savez, j'ai
le temps là... Il n'a apparemment pas vu de clients depuis un bout de temps.
Je mange seul devant l'océan. Des nuées de moucherons gravitent à la lueur des
néons en faisant le régal des lézards accrochés au mur pendant que des chauves
souris font des piqués en zigzag pour leur dîner, il faut bien que tout le monde
mange. S'il devait exister un dernier restaurant avant le bout du monde, assurément
ce serait celui-ci.
A la lueur de ma lampe de poche, je reviens à ma cabinas dans l'obscurité la plus totale (il n'y a évidemment pas d'éclairage public) sur un semblant de chemin interminable avec l'impression d'être seul au monde. Je finis par distinguer quelques lueurs de bougies, je me demandais si je ne m'étais pas égarer... Vu la chaleur, je m'assied un moment devant ma cabane. La terre est aussi noire que l'océan. On ne le devine que par l'écume blanche à peine distinguable. L'horizon est une ligne plus imaginaire que jamais, seulement matérialisée par quelques phares de bateaux lointains.
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Nuit chaude et agitée car un groupe de personnes est arrivé en voiture en pleine nuit pour pique-niquer devant chez moi ! Ils repartent en s'excusant quand je sors à moitié endormi. Au réveil, je pique une délicieuse tête dans l'océan où l'eau est chaude.
Mon taxi, réservé la veille, arrive à l'heure. Une américaine en maillot de bain me demande de l'attendre 5 minutes pour profiter du taxi, ce que j'accepte bien volontiers. Vingt minutes plus tard, elle se pointe avec trois de ses acolytes et leur matériel de surf. Immanquablement, je louperai le bus de 11h pour Panama City que j'avais choisi pour ne pas arriver trop tard dans la capitale. Ces foutus américains ne s'excuseront même pas de leur inconséquence. J'ai des envies de meurtres exquis...
J'arriverai vers 17h en maudissant une fois de plus les vidéos du bus, aussi insipides partout finalement.
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